Lisbonne est devenue la destination par défaut pour ceux qui veulent travailler à distance depuis l'Europe en parlant portugais. En 2020, c'était bon marché, vide et avec un avantage fiscal généreux. En 2026, ce n'est plus aucune de ces trois choses. Le loyer à Príncipe Real a triplé en cinq ans, le RNH a pris fin en janvier 2024, le D7 est devenu plus lent et le Brésilien de classe moyenne est devenu la cible de manifestations contre la gentrification. Pourtant, il y a une file d'attente pour entrer. Ce texte est ce que j'aurais voulu lire avant de signer un contrat de six mois : coûts réels par quartier, coworkings qui valent le coup, cafés avec wifi mesuré en mbps, ce qui reste du régime fiscal et la question inconfortable — Lisbonne a-t-elle encore du sens pour toi ou arrives-tu dix ans trop tard ?
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Je suis arrivé à Lisbonne en février pour y rester trois mois. J'y suis resté six. Je suis parti en août convaincu d'une chose : la ville est bonne, mais l'histoire que le Brésil raconte sur Lisbonne s'est arrêtée en 2019 et personne n'a mis à jour le scénario.
Ce texte met à jour.
Ce qui est arrivé à Lisbonne entre 2019 et 2026
En 2019, tu louais un T2 rénové à Santos pour 1 100 €. Aujourd'hui, le même appartement coûte 2 400 € et il y a une file de candidats. L'explication courte est : Golden Visa immobilier (supprimé en 2023), RNH généreux (supprimé en 2024), boom du travail à distance post-pandémie, fonds immobiliers achetant des quartiers entiers, Airbnb détruisant le stock de longue durée.
L'explication longue nécessite un livre. Je vais m'en tenir à la courte.
L'effet pratique est que Lisbonne en 2026 n'est plus la Lisbonne bon marché du nomade digital. Elle reste bon marché comparée à Paris, Amsterdam ou Berlin. Mais comparée à Mexico, Buenos Aires ou Bangkok, elle est devenue chère. Un T1 meublé à Príncipe Real coûte aujourd'hui environ 1 750 € par mois de loyer. Cela sans charges, sans électricité, sans internet.
La ville est également en tension sociale. En 2024 et 2025, il y a eu de grandes manifestations contre la touristification — des manifestations organisées par Habita (association de résidents) demandaient un moratoire sur Airbnb. Plusieurs quartiers (Alfama, Mouraria, Bairro Alto) n'ont plus de boulangerie. Ils ont six boutiques de pastéis de nata pour touristes.
Le Brésilien de classe moyenne qui arrive en 2026 tombe dans un endroit où il est à la fois bienvenu (il consomme, parle portugais, paie le loyer à l'avance) et ressenti (rappel quotidien de ceux qui ont été expulsés). Ce n'est pas de l'hostilité ouverte. C'est une ambiance.

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Curadoria Voyspark
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