Bonne nouvelle pour le passeport français : depuis 2024, la Chine a dispensé unilatéralement les ressortissants français de visa pour les séjours touristiques courts. Cette exemption a été prolongée et étendue, mais elle a des limites de durée précises et un motif autorisé. Au-delà, ou pour d'autres objets de voyage, le visa L reste obligatoire, à demander au centre CVASC de Paris. Et pour qui ne fait que traverser la Chine vers un pays tiers, il existe la fameuse fenêtre de transit sans visa de 144 ou 240 heures. Ce guide démêle les trois voies, les règles fines qui font recaler un voyageur à l'aéroport, le cas à part de Hong Kong et Macao, et comment payer un café à Shanghai sans carte internationale. ## POINTS_CLÉS - Depuis fin 2024, les Français sont exemptés de visa pour un séjour touristique court en Chine continentale, dans la limite d'une durée fixée unilatéralement par Pékin (de l'ordre de 15 à 30 jours selon la période). Cette mesure a été reconduite, mais reste unilatérale et révisable. - L'exemption couvre tourisme, affaires, visite familiale et transit. Elle ne couvre pas les études, le travail rémunéré ou le journalisme : pour ces motifs, il faut un visa classique. - Au-delà de la durée d'exemption, ou pour un séjour long, le visa de tourisme est le type L. Le tarif consulaire tourne autour de 125 à 165 € plus les frais de service du centre CVASC. Pas de remboursement en cas de refus. - Pour qui ne fait que traverser la Chine vers un pays tiers, il existe le transit sans visa de 144 heures (6 jours), étendu à 240 heures (10 jours) dans une grande partie du pays depuis décembre 2024. C'est une voie indépendante de l'exemption touristique. - Le transit sans visa exige trois pays différents : celui d'où vous venez, la Chine, et celui où vous allez. Un aller-retour vers le même pays ne compte pas — l'erreur numéro un au comptoir. - Les villes éligibles incluent Pékin, Shanghai, Canton (Guangzhou), Chengdu, Xi'an, Chongqing, Kunming et des dizaines d'autres. La règle varie selon la région — vérifiez le bon point d'entrée. - La Chine suspend ponctuellement le transit sans visa de certains aéroports (événements, travaux). Confirmez le statut de votre aéroport la semaine du départ. - Hong Kong et Macao sont des Régions administratives spéciales. Le Français y entre sans visa — jusqu'à 90 jours à Hong Kong, 30 jours à Macao. Ce sont des frontières distinctes de la Chine continentale. - Passer de la Chine continentale à Hong Kong ou Macao, c'est franchir une frontière. Si vous étiez en transit sans visa, partir vers Hong Kong peut clore la fenêtre — comprenez-le avant de planifier. - Sans Alipay ni WeChat Pay, vous êtes coincé. La Chine est quasi sans espèces. Le touriste enregistre aujourd'hui une carte internationale dans les applications — ça marche, mais configurez avant de partir. - Tout étranger doit faire enregistrer son hébergement dans les 24 heures suivant l'arrivée. L'hôtel le fait automatiquement. Qui loge chez un ami ou en location doit s'enregistrer au commissariat local — l'oublier vaut une amende.
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Commençons par la nouvelle qui change tout pour le passeport français. Depuis fin 2024, la Chine a décidé unilatéralement de dispenser de visa les ressortissants de plusieurs pays européens, dont la France, pour les séjours touristiques courts. Concrètement, un Français peut désormais entrer en Chine continentale pour quelques semaines sans passer par le centre des visas. La mesure, d'abord testée pour quinze jours, a été reconduite et la durée d'exemption portée à trente jours dans la dernière révision. C'est un assouplissement majeur après des années de procédure lourde.
Mais — et le mot compte — cette exemption a des bornes. Elle est unilatérale : Pékin l'accorde et peut la retirer ou la modifier à tout moment, sans réciprocité formelle. Elle couvre un motif précis (tourisme, affaires, visite familiale, transit) et une durée maximale par entrée. La dépasser d'un jour, ou venir pour étudier, travailler ou exercer une activité de presse, vous fait sortir du cadre. Dans ces cas, le visa redevient obligatoire. La règle d'or : vérifiez toujours la durée d'exemption en vigueur et le motif autorisé sur le site officiel de l'ambassade de Chine, pas sur un fil de réseau social.
L'autre dispositif, indépendant de l'exemption, c'est l'un des régimes de transit sans visa les plus généreux au monde. Si vous ne faites que passer par la Chine en route vers un pays tiers, vous pouvez rester 6 jours — dans plusieurs régions, 10 jours — sans aucun visa et sans même mobiliser votre exemption touristique. Pékin, Shanghai et Canton en font partie. C'est la porte que le plus de voyageurs empruntent de travers, et celle qui les renvoie depuis la porte d'embarquement.
Ce guide sépare proprement les trois voies, parce que les mélanger est l'erreur classique. Voie 1 : l'exemption touristique dont vous bénéficiez déjà, idéale pour un séjour court avec la Chine comme destination. Voie 2 : le visa L de tourisme, pour les séjours qui dépassent la durée d'exemption ou les profils que l'exemption ne couvre pas. Voie 3 : le transit sans visa, pour qui ne fait que traverser. Trois procédures, trois logiques, trois niveaux de risque. Et à la fin, le cas de Hong Kong et Macao, un autre univers de frontière.
Aucune promesse de raccourci magique. Juste les règles telles qu'elles sont en 2026, et les faux pas qui coûtent un voyage.
Avez-vous besoin d'un visa, d'une exemption ou d'un transit sans visa ? Décidez d'abord
Avant tout, répondez à une question : la Chine est-elle votre destination ou votre couloir ?
- Destination, séjour court : vous allez voir la Grande Muraille, passer dix jours, rendre visite à de la famille, faire du tourisme classique, et la durée tient dans la fenêtre d'exemption (de l'ordre de 30 jours). Vous voyagez sous exemption de visa — passeport valide et billet de sortie, c'est tout. Lisez la section dédiée à l'exemption.
- Destination, séjour long ou motif spécial : vous restez au-delà de la durée d'exemption, vous venez étudier, travailler, ou votre profil ne rentre pas dans le cadre. Vous avez besoin du visa L (ou d'un autre type). Passez à la section visa.
- Couloir : vous allez de la France vers l'Australie, le Japon ou la Thaïlande, et l'escale est à Pékin ou Shanghai, et vous voulez profiter de la ville quelques jours. Là entre le transit sans visa. Une section entière lui est consacrée plus bas.
Qui confond ces voies finit soit par payer un visa inutile, soit par dépasser la durée d'exemption, soit par tenter un transit sans visa alors que la Chine est sa destination finale — et dans ce dernier cas, il est recalé. Le comptoir d'enregistrement de la compagnie aérienne en France est le premier filtre. Sans le bon statut, vous n'embarquez pas.
L'exemption de visa pour les Français : ce qu'elle couvre, ce qu'elle ne couvre pas
C'est la voie la plus simple, et celle que la plupart des lecteurs utiliseront. Depuis fin 2024, le passeport français ouvre l'entrée en Chine continentale sans visa pour un séjour court. Voici les contours, tels qu'ils tiennent en 2026.
Ce que l'exemption autorise :
- Le tourisme sous toutes ses formes : visites, circuits, sites, villes.
- Les affaires au sens large : salons, réunions, visites d'usine, négociations.
- La visite familiale ou amicale.
- Le transit par la Chine vers un pays tiers (sans avoir besoin du régime spécifique de transit sans visa, tant que vous restez dans la durée d'exemption).
Ce que l'exemption n'autorise pas, et qui exige un visa classique :
- Les études, même un cours court : il faut un visa étudiant (X1/X2).
- Le travail rémunéré : il faut un permis de travail et un visa Z. Travailler sous exemption est illégal et expose à l'expulsion.
- Le journalisme et certaines activités de presse.
- Tout séjour au-delà de la durée maximale fixée par entrée.
La durée d'exemption a évolué depuis le lancement : d'abord quinze jours, puis trente jours dans la version étendue. Comme elle est révisée par Pékin, considérez tout chiffre comme provisoire et confirmez-le avant d'acheter votre billet. Gardez aussi à l'esprit qu'une exemption n'est pas un droit acquis : l'officier d'immigration peut toujours refuser l'entrée s'il estime le motif douteux. Arrivez avec un billet de sortie, une réservation d'hébergement et de quoi expliquer votre séjour.
Visa L de tourisme : qui en a encore besoin
Même avec l'exemption, certains voyageurs doivent demander un visa. Le visa chinois est organisé par lettres, comme le visa américain. Pour le tourisme, c'est le type L (de lǚyóu, voyage).
| Visa | Pour quoi | Durée typique |
|---|---|---|
| L | Tourisme, visites, sites touristiques, séjour long. | Séjour jusqu'à 30-60 jours par entrée |
| M | Affaires : salons, réunions commerciales, visite d'usine. | Selon l'invitation |
| F | Échange culturel, scientifique, visite non commerciale. | Variable |
| Q1/Q2 | Visite à un résident ou citoyen chinois. | Q2 jusqu'à 180 jours |
| X1/X2 | Étudiant (X1 long, X2 court). | Durée de la formation |
| Z | Travail autorisé. Exige un parrainage et un permis de travail. | Selon le contrat |
Vous aurez besoin du visa L dans trois cas principaux : votre séjour dépasse la durée d'exemption ; vous prévoyez plusieurs entrées sur une longue période ; ou vous préférez la sécurité d'un visa formel plutôt que dépendre d'une exemption révisable. Si vous venez voir de la famille chinoise sur une longue durée, le consulat peut orienter vers un visa Q. Si vous venez travailler, c'est un Z, avec toute la paperasse du permis de travail — autre procédure, autre guide. Ne tentez jamais le tourisme avec un projet de travail : travailler sous visa L (ou sous exemption) est illégal et conduit à l'expulsion.
Le visa L peut être délivré à entrée unique, double ou multiple, avec une validité variable. Un Français reçoit en général une validité de quelques mois à un an selon son dossier, avec un séjour de 30 à 60 jours par entrée. C'est l'agent consulaire qui décide, pas vous.
Documents pour le visa L : la liste qu'on vous demande vraiment
La Chine est tatillonne sur les papiers. Un document manquant fait revenir le dossier. Apportez tout :
- Passeport valable au moins 6 mois et comportant au moins deux pages vierges.
- Formulaire de demande (COVA) rempli en ligne, imprimé et signé.
- Une photo récente, en couleur, fond blanc, 33 x 48 mm (norme chinoise, différente de la photo Schengen).
- Réservation de vol aller-retour (ou de sortie de Chine). Faites une réservation annulable, n'achetez pas avant l'accord.
- Réservation d'hôtel couvrant tout le séjour, ou lettre d'invitation si vous logez chez quelqu'un.
- Justificatif de revenus / relevé bancaire des derniers mois, montrant que vous financez le voyage.
- Itinéraire jour par jour, même sommaire. La Chine aime savoir où vous circulez.
- Dans certains cas, un justificatif d'emploi ou de lien avec la France.
Pour qui a déjà eu un visa chinois, une partie de la paperasse s'allège. Pour une première demande, apportez tout, avec marge. Le centre des visas vérifie document par document au dépôt.

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Curadoria Voyspark
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Time editorial da Voyspark — escritores, repórteres, fotógrafos e fixers em Lisboa, Tóquio, Nova York, Cidade do México e Marrakech. Coletivo. Sem voz corporativa. Cada peça com checagem cruzada por um editor regional e um chef ou curador local.
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